La Montagne entre nous - Marcel Shorjian / Jeanne Sterkers

BDÀ PARTIR DE 14 ANS/3ÈMELGBTQIA+AMOUR

Première de couverture de la BD La montagne entre nous
Première de couverture de la BD La montagne entre nous

L'avis d'Azalyaa

Résumé éditeur

De leur village d’enfance niché dans la montagne, Marcia s’est échappée pour la grande ville. Pour une autre vie. Florence, elle, est restée, s’est mariée et a repris la boucherie familiale comme son père l’avait toujours espéré. Pourtant, à l’adolescence, lors leurs escapades secrètes dans la forêt loin des regards inquisiteurs des villageois, c’était Florence qui brillait par son désir d’évasion.

Pourquoi Marcia a laissé Florence derrière elle ? Pourquoi Florence ne l’a pas suivie ? Quand Marcia rentre dans son village natal après trente ans d’absence et de silence, les retrouvailles entre les deux femmes sont assombries par les non-dits et les regrets. Entre rapprochements timides et tension latente, les vraies raisons de leur séparation refont surface…

Caractéristiques

Titre : La Montagne entre nous

Scénariste : Marcel Shorjian

Illustratrice : Jeanne Sterkers

Éditeur : Sarbacane

La note d'Azalyaa

Notation : 4,5 étoiles sur 5
Notation : 4,5 étoiles sur 5

Date de parution : 02/01/2025

Nombre de pages : 160

Public visé : À partir de 14 ans/3ème

EAN : 9791040804642

L'intrigue

Le récit se déploie autour d'une structure en miroir, opposant la trajectoire de celle qui est partie, Marcia, à celle qui est restée, Florence. L'intrigue ne réside pas tant dans l'événement du retour que dans la confrontation de deux temporalités : celle d'une vie urbaine choisie et celle d'une vie rurale subie.

Les personnages principaux

  • Marcia : Elle incarne la figure complexe de celle qui a réussi à s'extraire de son milieu, mais dont le retour révèle une identité fragmentée. Son silence de trente ans témoigne d'une rupture qui n'a jamais été une libération totale.

  • Florence : Personnage tragique par excellence, elle est la figure de la résignation. Son évolution, de l'adolescente solaire à la commerçante austère, illustre le poids du déterminisme familial.

Entre les lignes

Sous le récit des retrouvailles affleure une réflexion sociologique sur la condition rurale et le poids des traditions. La forêt, sanctuaire de leur jeunesse, agit comme un espace utopique où les règles du village s'effacent. L'œuvre interroge également la notion de trahison : partir est-ce trahir les siens, ou rester est-ce se trahir soi-même ? Le non-dit n'est pas ici un simple ressort dramatique, mais le symptôme d'une impossibilité de nommer les désirs qui sortent du cadre.

Le style

Le graphisme est d'une beauté saisissante, porté par un trait qui refuse le superflu pour se concentrer sur l'essentiel. Le travail sur les visages, marqués par l'amertume ou la nostalgie, permet une économie de mots bienvenue. La colorisation, subtile, utilise des contrastes pour distinguer la froideur du présent des éclats vibrants du passé, faisant du dessin un véritable prolongement de la pensée des personnages.

Conclusion

Cette bande dessinée est une œuvre d'une grande maturité, tant narrative que visuelle. Elle parvient à saisir avec une rare précision ce moment suspendu où les choix du passé viennent demander des comptes au présent.

  • Vous appréciez les récits intimistes où l'implicite prime sur l'action.

  • Vous êtes sensible aux thématiques du déracinement et des trajectoires de vie brisées.

  • Vous privilégiez les intrigues au rythme soutenu ou aux dénouements explicites.

  • Le traitement de la mélancolie et du regret vous semble trop sombre.